18 octobre 2013

PLAYSTATION 3 : Heavenly Sword


Heavenly Sword n’est pas vraiment un jeu récent. Il fait même partie des titres sortis durant la première année de la Playstation 3. Ce fait n’est pas anodin car cela veut dire qu’Heavenly Sword est un des premiers jeux de la Playstation 3 et donc une vitrine de ce que la Playstation 3 peut avoir dans le ventre. Aussi, préparez-vous à vivre avec Nariko et Kai quelques heures très mouvementées aux commandes d’un beat’ them all assez particulier.



Dernier jour.

D’emblée, Heavenly Sword joue un registre peu usité car il nous met directement en scène aux commandes de Nariko armée de l’épée divine, la Heavenly Sword. Grâce à elle, Nariko peut se battre à armes égales avec une armée entière de guerriers bien décidés à en découdre (les pauvres). Enchainant les attaques et les QTE avec une grâce et une aisance exceptionnelle, Nariko se voit soudain interrompue par l’épée qui décide de mettre fin aux jours de son porteur. Depuis son esprit, Nariko se retrouve dès lors face-à-face avec Heavenly Sword qui se plaira à lui remémorer les 3 derniers jours de sa vie. Au début de ces trois jours, Nariko et sa tribu sont pourchassés par Bohan, roi malfaisant qui désire plus que tout de s’emparer d’Heavenly Sword pour devenir invincible. La vie de Nariko n’est pas des plus tendres car si son père est le chef de sa tribu, elle en est l’élément indésirable. Pourquoi me direz-vous. Hé bien, si Nariko aurait du naître auréolée de gloire comme réceptacle divin d’Heavenly Sword, un mauvais concours de circonstance a fait d’elle la malédiction de la tribu. Aussi, elle s’efforce de passer outre les moqueries et les visages haineux pour protéger Kai, jeune fille un peu simple qu’elle a prise sous son aile. Mais voilà que Bohan passe à l’attaque, capturant la tribu et le père de Nariko. Celle-ci, pour tenter de sauver son père, décide de manier Heavenly Sword, ce qui la conduira à mourir d’une overdose de puissance de son épée, et ce au bout de 3 jours. Mais qu’importe : son père et sa tribu son en danger et Nariko n’est pas femme à les laisser mourir comme ça. Elle fera tout ce qui est en son pouvoir, assistée de Kai, pour sauver son père et sa tribu, même si elle doit affronter seule Bohan, ses généraux et son armée au complet.


Plus que 3 jours.

J’ai été plus long que d’habitude pour parler du scénario car celui-ci m’a vraiment intéressé. On a en plus des états d’âme, de troublantes révélations et une galerie de personnages pas piquée des vers qui mérite le respect. Dans tous les cas, ce qui frappe le plus avec Heavenly Sword, ce n’est pas tant son aspect scénaristique mais ce sont surtout ses graphismes. Je me dis qu’il a beau être sorti en 2007, il peut facilement remettre à leur place pas mal de jeux actuels. Les décors sont sublimes avec des environnements gigantesques à observer (mais pas très grands à s’y promener. La modélisation des personnages est tout bonnement admirable. Il faut savoir que les expressions faciales ont été numérisées à partir d’acteur réels et le rendu est tout bonnement incroyable. Nariko et Bohan, en personnages principaux, sont éblouissants et donnent un cachet inimitable à ce jeu. Sérieusement, il faut l’essayer pour prendre la pleine mesure de cette qualité graphique. Les 3 généraux de Bohan aussi sont très bien réalisés et très expressifs, surtout avec leur palette de mouvements. Kay et le père de Nariko sont aussi très bien réalisés mais juste un poil en dessous. Enfin, le reste des personnages sont bien réalisés, dans la norme mais sans plus. Le constat est relativement bon à vraiment très bon.


Plus que 2 jours.

Mais les graphismes ne font jamais tout dans un jeu, la maniabilité est elle aussi une part essentielle qui ne peut être négligée et plus encore dans un jeu d’action. Et de l’action, vous en aurez car en beat them all qui se respecte, vous aurez des hordes d’ennemis à combattre. Et même plus que ça car vous aurez à plusieurs moments une armée de milliers d’individus à éliminer. Alors, que dire sur ce point de la maniabilité? En soit, elle n’est pas mauvaise. Nariko répond bien aux commandes et Heavenly Sword se dirige plutôt correctement. On peut faire des attaques rapides, puissantes ou à distance facilement en jouant avec les gâchettes. Les contres sortent aisément et … voilà …? Non, je ne peux pas m’arrêter là. Il faut savoir qu’il y a trois gros, énormes, gigantesques défauts qui ruinent considérablement la maniabilité du jeu. Le Premier vient de la gestion de la caméra. Celle-ci n’est pas contrôlable et vous pourrira la vie plus d’une fois, principalement parce qu’elle va parfois complètement changer de direction à votre grand dam. Imaginez-vous courir sur un pont, vous battre contre des ennemis et vous retourner pour fuir une nouvelle vague d’ennemis et avoir un peu de répit. Il y a de grandes chance que la caméra se mette face à vous qui courrez et donc vous ne voyez rien de ce qui vous arrive par devant vous. Ou encore, vous combattez dans une arène et la caméra fixe vous perd un peu de vue sous elle. Aussi, ce n’est plus possible pour vous de savoir ni ou vous êtes, ni qui vous frappe. Heureusement ces soucis ne sont pas trop réguliers mais peuvent vraiment gâcher certaines scènes.


Plus qu’un jour.

Le second problème vient d’une absence de locking. Impossible de locker un adversaire et lors des mêlées, on se retrouve souvent à taper dans le vide. Ce système pourtant simple et souvent utilisé manque ici cruellement. Et là c’est surtout lors des combats contre les boss, très mobiles, que vous vous rendrez compte à quel point la faculté de locker son adversaire manque. Le troisième point, le pire de tous, vous y ferez face dès qu’il s’agira de tirer sur quelque chose. Que ce soit avec Kay et ses flèches ou avec Nariko et ses boulets de canons (ou tout ce qu’elle peut lancer), ces passages sont de vrais calvaires. Pourquoi, vous entends-je dire? Sixaxis je vous répondrai. Les développeurs du jeu on découvert que la manette de la Playstation 3 pouvait interpréter les inclinaisons gauche, droite, haut et bas. Aussi, ont-ils surement trouvé judicieux d’exploiter cette possibilité en contrôlant tout projectile lancé à l’aide du Sixaxis. Si à chaque fois vous pouvez tirer dans la direction que vous voulez (enfin, si vous tombez juste ce qui arrive rarement à cause des caméras fixes), laisser le bouton de tir pressé vous mettra dans le point de vue du projectile et dès lors vous pourrez le contrôler en passant en mode ralenti, genre bullet time. L’idée est en soit assez bonne et serait vraiment intéressante si la précision offerte par le Sixaxis n’était pas complètement ridicule. Il vous faudra un long temps d’adaptation à cette technique pour enfin toucher la cible que vous visiez et ce sera souvent dans la douleur. De plus, pour corser le tout, il y a beaucoup de passages de ce genre. A croire que, fiers de leur trouvaille, les développeurs ont décidé de le ressortir à toutes les sauces et bien, à mon humble avis, ils auraient mieux fait de se retenir. C’est chiant au possible et j’ai pesté je ne sais pas combien de fois sur ces contrôles qui transforment votre projectile en savonnette. Par contre, il est amusant de constater que les flèches de Kay deviennent mortelles au moindre impact dans ce cas, même dans le pied, la main ou les c... vous m’avez compris.

Le jour est arrivé.

Sinon, un petit regret vient aussi des QTE beaucoup trop présentes lors des boss (principalement) et de certains passages à grand spectacle. Celles-ci sont trop nombreuses à mon goût. Heureusement, ces QTE sont facile à retenir et, le point le plus drôle, peuvent être anticipés bien à l’avance. Serais-ce un bug? Possible mais exploitez-le quand même car fort utile. Que dire de plus sur Heavenly Sword? Je peux encore vous parlez des musiques qui sont plutôt pas mal et rendent bien l’action ou l’intensité dramatique du moment. Les bruitages sont corrects eux aussi mais ce sont les voix qui méritent le détour. La traduction française est d’excellente facture et on sent les doubleurs motivés derrière. Encore un bel exemple de travail bien fait qu’on ne rencontre, malheureusement, pas suffisamment. Je finirais avec la durée de vie de ce jeu qui tourne doucement autour des 10 à 12 heures de jeu. Finir le jeu vous ouvre en plus une difficulté supplémentaire et chaque chapitre fini peut être rejoué à l’envi. C’est juste dans la moyenne du genre mais je crains que l’aspect re-jouabilité soit peu élevé au vu des problèmes de maniabilité énoncés plus haut. C’est quand même incroyable d’avoir fait un jeu superbe, avec un scénario béton, des passages géniaux et de gâcher le tout avec des soucis (pourtant évidents) de maniabilité. Mais bon, je tiens quand même à préciser qu’il n’y a jamais rien d’insurmontable dans ces soucis. Vous pesterez, comme moi, mais finirez par y arriver. Reste une dernière petite chose : ce jeu est vraiment très linéaire dans sa progression. Mais bon, en bon beat them all … on s’en moque totalement.

La fin n’est que le début d’un autre voyage.

Est-il besoin d’en rajouter ? Je ne pense pas. Heavenly sword est un jeu surprenant à plus d’un titre avec ses graphismes souvent superbes, ses personnages hauts en couleurs et son scénario intéressant. S’il n’avait ses problèmes de maniabilités, principalement liés au Sixaxis, il aurait une très bonne côte mais là se retrouve juste dans le peloton des jeux moyens. Je dirais qu’il faut quand même l’essayer si vous en avez la possibilité car graphiquement, il vaut le coup d’œil.

Appréciation globale
6/10