26 novembre 2013

XBOX 360 : Singularity


Singularity. Ce mot en lui-même concernant des ruptures dans le continuum espace-temps, il y avait des chances de voir passer des manipulations temporelles et autres joyeusetés liées. Avec Singularity, on attaque peut-être un renouveau dans les FPS avec ce genre de petits ajouts autour du temps. Reste à voir si le jeu en vaut la chandelle.

Club Med.

Bienvenue à Katorga-12, charmante petite station balnéaire à l’Est de la Russie. Le cadre est agréable, la mer est calme et la population locale est accueillante. Enfin, ça c’était avant 1950 lorsqu’on y a découvert un nouvel élément, le E99 qui a des propriétés étonnantes dont celle d’altérer le temps. La mère Russie avait trouvé en ce lieu de quoi lui donner l’arme ultime pour gagner la guerre froide face à la puissante Amérique. Mais suite à un étrange mais terrible accident, une grosse partie de l’installation a explosé et les lieux ont été abandonnés. De nos jours, un satellite américain détecte sur Katorga-12 un pic de radiation et décide d’y envoyer une équipe de marines pour examiner les lieux. Sur place, une explosion électromagnétique fait s’écraser les deux hélicoptères envoyés en éclaireurs et c’est à ce moment que vous, l’un des deux seuls rescapés, entendez au loin des cris et grognements étranges venus d’êtres jamais vus encore et vous voyez une colonne d’énergie dirigée vers le ciel entourée de nuages noirs tels un cyclone inversé. Mieux, vous verrez des scènes du passés et même vous y retournerez, dans le passé, avant de vous heurter de plein fouet à une réalité composée de mutants pas très sympathiques et d’une flore locale assez étrange.

Alors, ces vacances?

Ce qui est sur, c’est que ça ne correspond pas vraiment aux photos du catalogue. Des bâtiments en ruine, des monstres mangeurs de chair humaine un peu partout, des soldats, … Si vous voyez dans ce jeu des ressemblances avec des titres plus connus comme Bioshock ou Half-Life, ce n’est surement pas fortuit. Pour Half-Life, c’est surtout un monstre qui fait le lien (non, je ne spoilerais pas). Mais pour Bioshock, c’est un tout qui fait la ressemblance. Le style graphique, les passages ancrés dans des années 1950, l’idée du monde qui s’est autodétruit après l’utilisation abusive d’une nouvelle puissance, la possibilité d’augmenter la puissance des armes ou sa propre puissance, des magnétophones disséminés un peu partout … Vous aussi, vous y voyez comme une référence? Mais attention, ce n’est pas en copiant le maître que l’on peut espérer en être un soi-même. Pourtant, Singularity ne manque pas d’attraits, loin s’en faut. Le premier vient justement de ce style graphique un peu particulier qui m’a beaucoup plu. Sans être une merveille du genre, les environnements sont bien réalisés pour la plupart même si on constate ça et là des passages nettement moins soignés avec des textures bien plus pauvres. Ces passages contrastent parfois fortement avec le reste des niveaux. Pour les niveaux, il faut dire que comme la plupart des FPS sur XBOX 360 et PS3, ils sont vraiment très linéaires. Mais linéaires ne veut pas dire pour autant que le level-design est raté car c’est dans la moyenne du genre. Correct, donc.

Là, c’est moi à la piscine, là c’est moi avec les mutants ...

Pour survivre dans cet enfer qui se déroule dans deux époques, vous serez bien armés avec des classiques pistolets, fusils, sniper, mitraillette, canon automatiques. A cet arsenal s’ajoutent des armes moins classiques comme le fusil qui permet de suivre et guider la balle, le lance grenade dont on peut guider le projectile et le fusil à point (un rail-gun, quoi). En gros, l’arsenal est correct mais là encore, ce n’est pas le plus important. Le vrai petit plus de Singularity, c’est le Modulateur Temporel (ou MT pour les intimes). C’est le couteau suisse temporel idéal. Il envoie une onde de choc, peut rajeunir (et réparer) ou vieillir des objets et des ennemis, il peut aussi soulever et lancer des objets, transformer un soldat en mutant, ralentir certains mutants et générer un champ de force qui ralenti tout ce qui se trouve dans son rayon, faisant ainsi aussi office de bouclier. Par contre, l’option que je n’aime pas trop est le fait de voir des traces de pas du passé pour vous diriger lorsque vous êtes un peu perdu, comme dans Dead Space cette option tue un peu le jeu qui devient un poil trop facile. Le MT est aussi au centre de certaines énigmes qui, malheureusement, deviennent vite répétitives mais où la première expérience est intéressante. Imaginez un volet mécanique bloqué trop bas pour passer dessous, trouvez une caisse à vieillir et donc faire devenir bien plus petite, soulevez-là et placez là sous le volet et rajeunissez-là. Le volet va se soulever poussé par la caisse réparée. Ou encore, lancez une boule d’arrêt temporel au pied d’un ventilateur pour l’arrêter net et passer entre ses pales. L’idée est bonne mais le nombre d’énigmes différentes est un peu trop léger pour en exploiter pleinement le potentiel.

Et ça, c’est mon trophée de chasse : une tête de mutant sur son socle.

Les contrôles du jeu sont assez classiques mais répondent bien, le jeu n’est pas très long (6 ou 7 heures maximum) et je n’ai malheureusement pas pu jouer en réseau vu que je n’ai pas d’abonnement gold. Mais je tiens quand même à vous dire que d’un point de vue ambiance, Singularity s’en sort avec une très bonne note. Entre les échos des gens qui ont vécu la catastrophe et la vision de ce que sont devenus ces malheureux, entre les messages des morts dont ont retrouve les traces et celui des vivants qui vous guident dans votre aventure et surtout avec la possibilité de choisir comment vous voulez terminer le jeu (car 3 fins sont possibles), le côté ambiance est bien au rendez-vous. Les phases de tir sont sympas, les boss corrects et la difficulté du jeu est juste bonne, ni trop dure, ni trop facile. C’est un bon petit jeu avec de chouettes passages comme la réparation d’un paquebot ou d’un train qui valent le détour. J’aime bien aussi certains ennemis comme ceux qui changent de phase ou ceux qui se basent sur le bruit pour attaquer. Je nuancerais un peu avec les 3 fins différentes qui, malheureusement, ne sont pas décidées par vos actions en cours de jeu mais vraiment par une action finale à la toute fin (dont je vous laisse la surprise). J’ai passé un agréable moment avec Singularity malgré quelques manques de prise de risque et un potentiel un peu sous-exploité pour la partie des altérations temporelles.

Alors, tu y retourne quand?

Pour moi, pas de si tôt car Singularity était plaisant mais pas au point de me relancer dans une autre partie. J’ai bien apprécié ce jeu et j’ai passé un bon moment mais maintenant ce moment est passé et moi aussi je vais passer à autre chose. A trop lorgner du côté de Bioshock, Singularity n’aura pas réussi à rester ancré dans mes souvenirs de joueur comme il l’aurait mérité. Un bon petit jeu quand même à conseiller si vous le trouvez à petit prix.

Appréciation globale
7/10